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Comment choisir un smartphone écoresponsable : durabilité, réparabilité et impact environnemental

Comment choisir un smartphone écoresponsable : durabilité, réparabilité et impact environnemental

Comment choisir un smartphone écoresponsable : durabilité, réparabilité et impact environnemental

Pourquoi s’intéresser au smartphone écoresponsable ?

Le smartphone est devenu un objet du quotidien, mais également un produit à fort impact environnemental. Extraction de métaux rares, consommation d’énergie, production de déchets électroniques : chaque appareil a une empreinte carbone importante, principalement liée à sa fabrication. Selon l’Agence de la transition écologique (ADEME), la phase de production représente souvent plus de 70 à 80 % de l’empreinte carbone totale d’un smartphone.

Choisir un smartphone écoresponsable, c’est chercher à réduire cet impact en privilégiant la durabilité, la réparabilité, la sobriété logicielle et des engagements clairs du fabricant en matière d’environnement. C’est aussi un acte de consommation responsable, encadré par des textes de loi et des dispositifs officiels qui aident les consommateurs à mieux s’informer.

Comprendre la notion de durabilité d’un smartphone

La durabilité désigne la capacité d’un smartphone à durer dans le temps, tant sur le plan matériel (solidité, batterie, pièces de rechange) que logiciel (mises à jour de sécurité, suivi de l’OS). Plus un téléphone est durable, plus on espace son renouvellement, ce qui réduit les impacts liés à la fabrication et au transport.

Pour évaluer la durabilité, plusieurs critères sont à prendre en compte :

En droit français et européen, la durabilité est également abordée à travers des obligations d’information du consommateur. La garantie légale de conformité, par exemple, est définie par les articles L.217-3 et suivants du Code de la consommation. Depuis l’ordonnance n° 2021-1247 du 29 septembre 2021, la durée de cette garantie est de deux ans minimum pour les biens neufs dans l’Union européenne.

De plus, un nouvel indicateur, la durée de disponibilité des mises à jour logicielles, est progressivement mis en avant dans le débat réglementaire européen, notamment dans le cadre de la proposition de règlement sur l’écoconception des smartphones et tablettes présentée par la Commission européenne en 2022, qui prévoit une disponibilité des mises à jour de sécurité pendant plusieurs années après la mise sur le marché.

La réparabilité au cœur du smartphone écoresponsable

La réparabilité est l’un des critères les plus importants pour un smartphone écoresponsable. Un appareil facile à réparer peut être conservé plus longtemps, ce qui évite la production d’un nouveau produit. En France, cette notion est encadrée par plusieurs dispositifs, dont l’indice de réparabilité.

L’indice de réparabilité : un outil officiel pour comparer

Depuis le 1er janvier 2021, la loi n° 2020-105 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire, dite loi AGEC, a instauré un indice de réparabilité pour certains équipements électroniques, dont les smartphones. Cet indice est défini aux articles L.541-9-2 et suivants du Code de l’environnement et précisé par plusieurs décrets et arrêtés.

L’indice de réparabilité se présente sous la forme d’une note sur 10, affichée au moment de l’achat, en magasin comme en ligne. Il prend en compte plusieurs critères, parmi lesquels :

Pour les smartphones, ces modalités sont décrites dans l’arrêté du 29 décembre 2020 relatif aux modalités d’affichage de l’indice de réparabilité.

Plus la note est élevée, plus le smartphone est théoriquement réparable. Un consommateur qui souhaite un smartphone écoresponsable privilégiera des appareils avec un indice proche de 8, 9 ou 10, quand cela est possible.

Le futur indice de durabilité

Toujours dans le cadre de la loi AGEC, il est prévu que l’indice de réparabilité évolue vers un indice de durabilité, plus complet, intégrant notamment la fiabilité et la robustesse des produits. L’objectif est de prendre en compte non seulement la facilité de réparation, mais aussi la résistance aux chocs, la longévité de la batterie ou encore l’évolution logicielle.

Cet indice de durabilité doit être mis en place progressivement, conformément aux orientations prévues par l’article 16 de la loi AGEC et les travaux engagés par le ministère de la Transition écologique. Les smartphones font partie des produits prioritaires pour ce futur affichage.

Impact environnemental d’un smartphone : ce qu’il faut savoir

L’impact environnemental d’un smartphone ne se limite pas à sa consommation électrique. Il couvre l’ensemble de son cycle de vie : extraction des matières premières, fabrication, transport, utilisation, fin de vie et recyclage. Plusieurs réglementations encadrent déjà ces aspects, en particulier au niveau européen.

Parmi les principaux enjeux :

Au niveau européen, la directive 2012/19/UE relative aux déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) impose aux États membres de mettre en place des systèmes de collecte et de traitement adaptés. En droit français, ces dispositions sont transposées dans le Code de l’environnement, notamment au livre V (déchets), avec l’obligation de reprise des anciens appareils lors de l’achat d’un nouveau (système « un pour un ») et de points de collecte spécifiques.

En complément, la directive 2009/125/CE sur l’écoconception fixe un cadre pour réduire l’impact environnemental des produits liés à l’énergie. La Commission européenne travaille depuis 2022 à un règlement d’exécution spécifique pour les smartphones et tablettes, visant à améliorer leur efficacité énergétique, leur durabilité et leur réparabilité (document COM(2022) 357 final).

Les critères essentiels pour choisir un smartphone écoresponsable

Pour faire un choix éclairé, plusieurs critères pratiques peuvent guider votre sélection :

Smartphone neuf, reconditionné ou d’occasion : que choisir ?

Dans une démarche de consommation responsable, acheter un smartphone écoresponsable ne signifie pas forcément acheter un produit neuf. Le marché du reconditionné et de l’occasion permet de prolonger la vie des appareils déjà fabriqués, réduisant ainsi la demande de nouveaux produits.

Le reconditionné est encadré légalement : la loi n° 2020-105 (loi AGEC) a défini le terme « équipement électrique et électronique reconditionné » à l’article L.122-1-1 du Code de la consommation, complété par le décret n° 2022-190 du 17 février 2022. Un appareil reconditionné doit notamment :

Un smartphone reconditionné, accompagné d’une garantie et acheté auprès d’un professionnel, peut donc être un choix très pertinent dans une optique de réduction de l’impact environnemental, surtout si le modèle initial est réputé pour sa réparabilité.

Bien gérer la fin de vie de son smartphone

Un smartphone écoresponsable, c’est aussi un appareil dont la fin de vie est correctement gérée. Le cadre réglementaire impose des obligations de collecte et de recyclage.

En France, les producteurs sont soumis au principe de responsabilité élargie du producteur (REP), défini à l’article L.541-10 du Code de l’environnement. Ils doivent financer la collecte, le traitement et le recyclage des déchets issus de leurs produits. Concrètement, pour le consommateur, cela se traduit par :

Pour un choix cohérent, il est utile de vérifier si la marque propose des solutions de reprise, de réutilisation ou de recyclage, et comment elle communique sur les taux de recyclage effectifs.

Vers une consommation numérique plus responsable

Choisir un smartphone écoresponsable ne repose pas uniquement sur le matériel. Une fois l’appareil acheté, la manière de l’utiliser compte également :

En intégrant les informations fournies par les textes officiels (indice de réparabilité, législation sur le reconditionné, directives européennes sur les DEEE et l’écoconception) et en observant attentivement les pratiques des fabricants, il devient possible de choisir un smartphone plus respectueux de l’environnement, tout en répondant à ses besoins quotidiens.

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